Augmentation du trafic aérien de l’aéroport de Gosselies : un impact lourd pour le climat et les nuisances sonores !

Publié le mardi 3 juillet 2018

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L’explosion du trafic aérien est-il encore soutenable… et souhaitable ?

On s’aperçoit donc que quasi - tout le monde, le gouvernement wallon en tête, est favorable au développement des installations de l’aéroport du fait de la promesse de créations d’emplois, dans une région fort sinistrée, s’il en est. Personne ne semble penser qu’on peut développer l’emploi autrement… et en s’inscrivant dans une autre dynamique, plus en phase avec les grands défis actuels : aide massive à l’isolation des habitations privées, des bâtiments publics, dans le transport en commun, …

L’accord de PARIS, lors de la COP21 a mis en exergue la nécessité absolue de contenir le réchauffement moyen sous la barre des 2% par rapport à l’ère préindustrielle. Avec l’objectif de réduire de 20% les émissions de CO2, de 40% à l’horizon 2030 et d’anticiper les changements climatiques par une adaptation locale. Paradoxal, non ?

Tous les Chefs d’Etat présents se sont engagés à établir une feuille de route pour diminuer de manière importante la contribution de leur pays à la production de gaz à effet de serre et donc leur consommation de combustibles fossiles.

N’est-il pas paradoxal que la Région wallonne, qui soutient l’accord de Paris et propose des aides aux communes qui s’engagent à coconstruire avec les acteurs locaux des Plans d’Action en faveur de l’Énergie Durable et du Climat (PAEDC) veuille à tout prix développer l’aéroport

Chronique d’une décision …déjà prise… !

Ce projet est tellement soutenu par les autorités locales et régionales, que la décision d’octroi du permis ne fait aucun doute. Faut-il parler d’un simulacre de procédure de participation ?

Nous sommes donc forcés de constater que la qualité de vie et l’environnement des riverains ne pèsent que très peu face aux projets de développement économique qu’on nous fait miroiterLa Wallonie est-elle devenue une république bananière qui brade son environnement au plus offrant ? Avouez qu’il y a de quoi se poser la question.

 

Ceci dans un contexte de nuisances croissantes des activités que cette installation fait subir, en toute impunité, à de nombreux habitants de nos villages et pour les riverains proches.

De plus, il a été dit que les travaux s’effectueront de nuit afin de ne pas perturber le trafic aérien (sic). Les riverains directs seront donc ennuyés en journée par les avions et la nuit ils ne pourront pas dormir à cause des travaux, qui dureront, semble –t-il de 2 à 3 ans...

Le but de l’aéroport est d’arriver à un trafic d’environ 10,5 millions de passagers à l’horizon 2026, , soit 103 départs et 103 retours par jour en été! En 2015, il y a eu 44.230 mouvements pour 6.8 millions de passagers. L’allongement de la piste permettra de recevoir de plus gros porteurs, pour des destinations hors Europe..Mais ils ne représenteront que 2 à 3 % du traffic aérien. Il a été affirmé que ces avions seraient également plus silencieux car plus récents. Les avions actuels et ceux des futurs compagnies sollicitées auront plus de place pour décoller et seraient donc aussi moins bruyants. Nous nous permettons d’en douter.

L’aéroport de Charleroi (BSCA) prétend que le nombre de mouvements ne va pas augmenter, seul le nombre de passagers va croître, car les avions seront plus gros. Mais ils sont néanmoins à la recherche de nouveaux partenaires afin de diminuer le quasi-monopole de RYANAIR. Il y a donc un risque que beaucoup d’autres compagnies, donc d’autres avions, soient attirés par ces nouvelles potentialités. Ce qui veut dire aussi plus d’avions et plus de mouvements.  Pas sûr que l’on soit moins impactés !

BSCA (Brussel South Charleroi Airport) avoue être conscient des désagréments provoqués par l’aéroport, et chercherait des solutions (lesquelles ?), mais il signale que : « la société doit faire des profits et un aéroport c’est bruyant ». Ca on l’avait remarqué. Il ne souhaite pas changer ou faire pression afin de modifier le décret régulant les heures de vols, car la situation actuelle leur convient. C’est juste à nous, villageois résignés et impactés par le bruit croissant des avions, que cela ne convient pas. 

La législation oblige aussi à devoir mener une étude d’incidence environnementale des impacts de l’allongement de la piste, afin de déterminer les points positifs et négatifs du projet. Mais, BSCA n’a pas voulu inclure dans cette étude la dévaluation immobilière des maisons des riverains impactés, par manque de moyens financiers. Le profit est donc seulement pour la société qui exploite et les retombées négatives pour la collectivité, rien de neuf sous le soleil, comme toujours...

Vite critiqués

On observe que montrer des réticences à ce développement (non durable !) énerve vite même si certains employés des sociétés d’étude d’incidence, comprennent qu’il y ai un autre point de vue, et se sentiraient mal à l’aise quant à la pertinence aujourd’hui d’un tel développement aveugle.

Or, il faut bien se rendre à l’évidence : on ne vit pas dans un monde virtuel, stable où la croissance effrénée de nos consommations et modes de vie et de déplacement n’ont pas d’impacts sur notre environnement et notre planète.

Que constate –t-on ? Que malgré cet accord, « on » peine encore à respecter ces objectifs. Que le panel d’experts internationaux du GIEC signale avec force que le dérèglement est plus rapide, plus fort et plus ample que ce que les pires scénarios avaient prévu. Ces dernières années, 2016, 2017 et maintenant les tendances pour 2018 nous montrent un effondrement généralisé de la stabilité climatique à l’échelle de la planète ! Ce n’est pas le récent épisode des dégâts importants liés aux orages de ces derniers jours qui le contredira. Pouvons-nous affirmer que cet orage est du aux changement climatiques ?

Obsolescence programmée d’un modèle de développement périmé

Nous n’avons plus le choix d’attendre, il faut des actes et des décisions rapides et drastiques. La survie même de la vie sous toutes ses formes, voire celle de notre espèce est maintenant en jeu.

C’est la triste réalité issue de décennies de déni et d’inactions ou encore de développement non durable de nos activités humaines. Sachant que les transports, dont le transport aérien qui pèse très lourd dans la balance, est responsable d’environ 20% des émissions de gaz à effet de serre… on se pose ainsi la question de la pertinence, voire de l’intelligence d’encore investir aujourd’hui dans le développement de tels projets.

Si l’on veut une planète encore vivable dans quelques années, les experts affirment que 60 à 80% des réserves en combustibles fossiles (charbons et pétroles) vont devoir rester sous terre. Toute notre économie et nos activités vont devoir être « décarbonnées » donc affranchies de l’usage des combustibles fossiles. Dont nos déplacements et encore plus les plus polluants.

 

La maison brûle et on préfère acheter de nouveaux rideaux ou une plus belle table de salon…

Il est, pour nous écologistes, devenu urgent que les décideurs prennent enfin leurs responsabilités de protéger et maintenir un cadre de vie vivable et accueillant pour les générations futures. C’est devenu une question de survie.

La création d’emploi est un objectif majeur, surtout dans notre sous-région, déjà fortement impactée par le chômage. Mais est-il vraiment responsable de développer des activités qui tôt ou tard vont devoir s’arrêter ? Que ce soit de manière volontaire (respect des accords internationaux) ou subis (crash énergétique) ?

Pour nous écologistes, l’heure est plutôt venue d’investir massivement chez nous dans les chantiers de rénovation énergétique des bâtiments, avec l’aide de primes conséquentes, qu’ils soient publics ou privés, de développement des énergies renouvelables, de production, transformation, commercialisation,.. de matériaux écologiques locaux ou toute autre activités ou des emplois « verts » peuvent être rapidement générés. Voilà le sens de l’histoire et la hauteur de la responsabilité.

Notre conclusion

Donc, au-delà de la pseudo consultation publique, il faut se battre afin de garantir le respect des horaires et l’interdiction des vols de nuit. Il en va de même de la traque effective des infractions et la mise sur pied de sanctions réellement coercitives. Mais au milieu de ce brouhaha croissant, serons-nous entendus ?

Notre seul espoir réside dans les (prochains ?) changements démocratiques de majorités au sein des exécutifs concernés et dans la désignation d’élus beaucoup plus responsables et au fait des défis climatiques, énergétiques et écologiques actuels, leur permettant de prendre les décisions qui s’imposent.